Le nom sur la pochette n’est presque jamais le seul nom qui compte. Un texte a un auteur, une mélodie un compositeur, et la voix qui les porte n’est parfois ni l’un ni l’autre. Regarder les coulisses, ce n’est pas diminuer l’interprète : c’est voir combien de personnes il faut pour faire une chanson.
Écrire pour une autre voix que la sienne
Jean-Jacques Goldman a écrit et composé « D’eux », album de Céline Dion sorti en 1995 et resté le disque francophone le plus vendu de l’histoire. Il ne le chante pas. C’est le cas le plus connu, ce n’est pas le seul.
Cette double casquette - interprète pour soi, auteur pour les autres - traverse toute la chanson française. Elle explique pourquoi deux artistes très différents peuvent sonner soudain de la même façon : ils partagent une plume.
Elle explique aussi pourquoi certaines carrières se prolongent bien après le dernier concert. On peut cesser de monter sur scène sans cesser d’écrire.
Les duos qui durent
Alain Souchon écrit, Laurent Voulzy compose. Le partage est stable depuis le milieu des années 1970 et a produit des dizaines de titres signés à deux. Chacun a par ailleurs sa carrière propre, ce qui rend l’association plus remarquable encore : elle n’est pas une nécessité, c’est un choix reconduit pendant un demi-siècle.
Toutes les collaborations ne prennent pas cette forme. Certaines durent un album, d’autres une chanson. Le duo, dans la chanson française, est autant une méthode de travail qu’un format de scène.
Les métiers d’avant
Jean-Jacques Goldman a tenu un magasin d’articles de sport. Serge Gainsbourg a été professeur de dessin et pianiste de bar. Michel Berger a été directeur artistique dans une maison de disques, très jeune. Fabien Marsaud, devenu Grand Corps Malade, jouait au basket à bon niveau. Jacques Brel travaillait dans la cartonnerie familiale.
Georges Brassens, lui, a été envoyé de force en Allemagne au titre du travail obligatoire pendant la guerre. Édith Piaf chantait dans la rue et dans les cours d’immeubles avant d’être remarquée.
Ces vies d’avant ne sont pas des anecdotes : elles disent à quel point l’accès au métier de chanteur n’avait rien d’évident, et à quel âge variable il s’est ouvert selon les époques.
Le vrai nom, le nom de scène et le surnom
Édith Giovanna Gassion, Monique Andrée Serf, Jean-Philippe Smet, Paul Van Haver, Isabelle de Truchis de Varennes, Fabien Marsaud : les noms d’état civil des artistes les plus célèbres du répertoire sont presque tous inconnus du public.
À côté du nom de scène, il y a le surnom, qui n’est pas choisi par l’intéressé mais donné par le public ou par la presse. Il colle parfois mieux que le nom officiel, et il survit souvent à l’artiste.
Les questions qu’on nous pose
Jean-Jacques Goldman a-t-il écrit pour Céline Dion ?
Oui. Il a écrit et composé l’album « D’eux », sorti en 1995, qui reste le disque francophone le plus vendu de tous les temps.
Que faisait Serge Gainsbourg avant de chanter ?
Il a été professeur de dessin et pianiste de bar. La peinture est restée sa première vocation longtemps avant la chanson.
Depuis quand Souchon et Voulzy travaillent-ils ensemble ?
Depuis le milieu des années 1970. Alain Souchon écrit les textes, Laurent Voulzy compose les musiques, et chacun mène par ailleurs sa propre carrière.
Pourquoi tant d’artistes changent-ils de nom ?
Un nom de scène met une distance entre la personne et le personnage, et il se retient plus facilement. Certains sont inventés par l’artiste, d’autres donnés par un imprésario ou par le public, comme le surnom « la Môme Piaf ».